Et une Mauresque, une.

Salâm aalaykoum asdekaee (amis)

Prêt pour un petit tour en Mauritanie?

 

Nouakchott

Vue de l’avion, une ville toute plate (le plus haut édifice doit être à 6 étages). Donc la ville s’etale sur des kilomètres (20 sur 20). Ce mode d’expansion horizontale s’explique par le style de vie sociale nomade (de l’espace) et justement de la place il y en a.

On comprendra donc que Roux et Combaluzier ne fera pas fortune à Nouak. J’oserai même dire, ils sont Black et Decker.

Justement, ‘y a des blacks en Mauritanie,  issus des ex tribus d’esclaves qu’entretenaient jadis les Maures (Wolofs – Soninkes ou Toucouleurs ), donc oui ce pays est bi-couleur  (maures et black).

Avec style vestimentaire varié, du boubou (daraa) blanc ou bleu en passant par le jean universel.

Il faut juste s habituer aux passants tout enturbannés avec lunette de soleil ad-hoc.

Nous partons en ville et je remarque que à chaque coin de rue un mec en tenue locale me fait un signe de la main – urbain je réponds et cela se produit 3 ou 4 fois – Je m’extasie sur la politesse du bédouin. Grand éclat de rire de mon pote local qui me dit que ce sont en fait des changeurs de monnaie « sauvage » qui me font le signe universel du FLOUZE.

Ces derniers, jouant sur les variations du taux de change du Ouguiya en euros ou dollars, et ça bien sur en face des banques dites officielles.

Sur la route du port, je remarque des femmes qui, au moyen de balais artisanaux, font des petits tas de terre-sable, puis passent au tamis leur récolte ; en fait cette route va du port céréalier aux grands moulins et ces dernières récoltent les grains de blé ou de maïs tombes du camion-benne.

Quand toi tu roules en landrover climatisé, tu en restes perplexe et un  peu gêné.

Au loin j’aperçois les fameux ‘kebbes ‘ (bidonvilles) dont ces femmes sont issues.

La ville assoupie de jour se réveille le soir, les magasins étant ouvert jusqu’à 1H du mat’. Et ambiance sympa – ce soir là, grand concours (style la nouvelle star) en mode poème amoureux.

Nous croisons une bande de Palestiniennes (sans foulard), drapeaux et nichons au vent  hurlant le nom d’un compatriote ‘barde’ et incitant à voter par SMS au 3615  Assurancetourix.

LA RN 4

Non ce n’est pas celle qui va de Paris à Strasbourg mais celle qui relie Nouakchott à Nouadhibou. 465 kms dans le désert et pas une ville ou un village entre les deux, ni un virage. Route jugée sensible (sécurité) car barrage de gendarmerie tous les 50km.

J’ai dû montrer mon passeport dix fois à des gendarmes enturbannés et ray-ban à foison.

On aperçoit de temps à autres quelques nomades avec chameaux – vaches au bord de la route mais sinon grand calme.

Le seul point d’activités est un relais à mi-chemin — et si jadis le point d’eau était le RDV des nomades désormais les rencontres se font chez Total en buvant du coca-cola – donc dans cet espèce de resto route-épicerie-mosquée-station service on y observe encore une coutume bédouine.

 

Échanger et dialoguer

Ainsi discussion avec un jeune qui cherche à me faire croire que une secte de Mourides (au repos sur le parking) écoute du Cheb Mami en lieu et place de versets du coran pas de chance pour lui,  j’ai fait raï en 3ème langue dans ma jeunesse.

Ma surprise, je tombe sur un jeune ricain de Seattle — look Harrison Ford dans Les aventuriers de l’arche perdue — qui remontait en moto Suzuki 125 depuis le Ghana jusqu’au Maroc. Il était parti mi-mars d’Accra et compter arriver en pays chérifien en juin, et ça tout seul. Je lui demande ce dont il a besoin, il me dit de l’eau.

Bédouin de service ce jour là, je lui offre ma bouteille d’eau de Tijirit. Un fou ; un inconscient ; un héros ?  Mektoub

Plus loin, barrage de police de chez barrage de police ; explication : nous arrivons à hauteur de la mine d’or de TASIAST  – Fort Knox local. Et une timide tentative de créer une ville artificielle (Chami) pour y fixer les nomades.

Chami

Relais de Chami, Mauritanie

NOUADHIBOU

Ex Port Étienne — de ce port partent les exports de iron ore de la mine de Zouerate — le train qui assure ce trafic est le plus long du mooooonde : 350 wagons, 5 locos et 2.5 km de long. J’aimerais voir la tronche du garde barrière.

Visite cité minière Snim, qui est une ville dans la ville — leur propre logement, stade,  mosquée, magasins, jardin d’enfants, cinéma…

Petit tour sur le port de pêche ou les chalutiers chinois font la loi — j’assiste au déchargement du poisson et au respect de la chaîne du froid à la mode locale… De fait, on peut se poser des questions.

Petit repas chez un ami local — je m’initie à la viande de chameaux  et ma foi, hamdoulilah,  c’est goûteux.

Et si on dit que l’on peut juger un peuple d’après son café, ses cigarettes et sa bière on peut aussi le faire avec du thé à la menthe, des makrout et des dattes.

Retour sur Nouak à partir de l’aérodrome historique de l’Aéropostale de Saint-Exupéry et de Mermoz  (oui le cousin de celui du RCT — Maxime).

Je ne résiste pas à vous conter le message d’annonce de l’hôtesse qui en Français, en Anglais et en Hassaniya (l’arabe maure) nous dit que nous arriverons à Nouak dans 45 minutes, sauf que en langue locale elle ajoute

INCH’ ALLAH.